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Annulation concours 2015 cause BVD (Bovine Virus Diarrhoea Disease) - explications

Par Noelle Guillot, à 10h54 dans     Infos aux membres | 0 commentaire
L’AFLA vous informe que le « Concours 2015 à Mâcon-Chaintré » est annulé pour des raisons sanitaires (BVD sur des alpagas).

Nos adhérents ont été prévenus dès que le conseil d’administration a pris cette décision.

Notre prochain concours aura lieu l’année prochaine toujours à Mâcon-Chaintré les 1 et 2 octobre 2016.

Vous pouvez également lire les article d'André Richard et Bernard Giudicelli au sujet de la BVD dans ce billet.

Bien à vous.

Renée Raigneau-Combescot, présidente de l'AFLA

Premier cas de BVD en France sur des alpagas
par André Richard

Un cas de BVD vient d’être diagnostiqué en mars 2015 sur un élevage d’alpagas en France
7 femelles alpagas ont avorté en moins de 1 mois et ½, les autres ont été malades : coliques, diarrhée…
Des analyses par PCR ont été faites sur tout le troupeau et l’alpaga IPI responsable de la contamination a été découvert.
Cela est déjà grave et inquiétant pour nos animaux mais l’affaire est plus inquiétante encore quand on trace le cheminement de cet alpaga IPI, donc très contagieux.

En effet ce que l’on sait, c’est qu’il s’agit d’un alpaga né en 2009 et importé d’Angleterre avec sa mère cette même année par un français.
Cet alpaga est revendu dès 2010 à une deuxième exploitation en France.
Fin janvier 2015, il arrive en pension dans une troisième exploitation française et 15 jours plus tard commencent les avortements dans cet  élevage.
Cet animal a été euthanasié. 

La mère a aussi été revendue en France, séparément de son cria et a fini par être localisée, elle aussi. Elle a été testée PCR-BVD tout récemment et sera éliminée elle aussi si c’est un IPI parce que les IPI  sont de véritables « bombes virales ».
Les éleveurs inclus dans ce cheminement connu ont été tous prévenus par l’éleveur touché, du passage de cet animal très contagieux  chez eux, y compris l’éleveur anglais du point de départ. Reste à savoir s’ils vont prendre des mesures aussi rapides et énergiques que le propriétaire qui a eu le mérite de faire le diagnostic et de m’en avertir. Ce propriétaire me tient au courant depuis sur l’évolution de la maladie et ne viendra pas en concours tant que son troupeau ne sera pas assaini.
Par contre je n’ai aucune garantie sur les autres propriétaires du parcours de la mère ou des alpagas qui ont été en contact avec l’IPI  au cours de ses déplacements.

Pour ajouter à nos craintes, les 2 premiers acheteurs français dont je ne connais pas le nom, participent aux concours, d’après  l’exploitation qui a révélé la BVD.

Ce que l’on sait néanmoins, c’est que ces propriétaires connus  qui ont malheureusement hébergé ces animaux en France paraissent avoir pris conscience de la réalité du risque sanitaire pour leurs animaux.
Par contre, le propriétaire  de l’élevage important situé en Angleterre et qui est à l’origine de la contamination a adopté une attitude de déni par rapport à la réalité de ce cas de  BVD détecté sur cet alpaga né dans son élevage, mettant en doute la fiabilité des tests PCR réalisés en France. Cet éleveur anglais ne semble  donc pas  disposé  à entreprendre un assainissement de son élevage, pourtant exportateur.
Cela augmente encore notre inquiétude quand on sait que bon nombre d’entre nous sont allés acheter des alpagas, certes de qualité, dans ces grands élevages anglais.

Importer des petits camélidés est une quasi-nécessité si on veut diversifier notre génétique ou améliorer certaines caractéristiques de nos animaux.
Mais si certains pays peuvent avoir une situation sanitaire meilleure que la nôtre, avec un risque sanitaire pas plus élevé qu’en France, ce n’est pas le cas d’autres pays comme l’Angleterre.
L’AFLA, par son magazine, vous a averti de la situation extrêmement préoccupante de l’Angleterre en ce qui concerne la tuberculose bovine qui cause des ravages dans le cheptel bovin anglais ( Magazine numéro 9 : coin véto, numéro 12 : compte-rendu AG situation sanitaire, numéro 13 : coin véto, numéro 14 : réunion sur les petits camélidés ) Chaque année des dizaines de milliers de bovins sont abattus en Angleterre parce que des bovins se sont révélés positifs dans les exploitations.

Mais ce drame, en Angleterre, ne s’est pas limité aux bovins puisque à ce jour plus de 80 élevages anglais d’alpagas et lamas ont été diagnostiqués positifs par isolement des souches de la bactérie responsable de la tuberculose.
Or, c’est bien d’Angleterre que beaucoup d’alpagas ont été importés ces dernières années, malgré nos mises en garde à cause de  ce taux élevé de tuberculose bovine et cette transmission aux petits camélidés.
Ce n’est pourtant pas cette maladie qui est arrivé la première en provenance de ce pays mais bien, donc, la BVD, en mars 2015.
Là aussi, l’AFLA, par un article de Bernard Giudicelli dans le numéro 10 de septembre 2012 vous avait averti de la dangerosité de la BVD, de sa présence en Angleterre depuis 2006, de son passage en Espagne en 2008 par des  alpagas importés depuis l’Angleterre. Il recommandait de faire des tests BVD à l’importation.

Maintenant que nous avons la certitude que des alpagas ont révélé la BVD en France, quelles mesures prendre ?
Au niveau de l’AFLA, le conseil d’administration a décidé d’annuler le concours de cette année. De toute façon, le choc provoqué par cette mauvaise nouvelle  a déjà dissuadé ceux qui devaient amener des animaux, même avec les tests PCR-BVD qui sont de bons tests.
Cette annulation, nous la faisons sans hésiter devant l’incertitude dans laquelle nous sommes sur l’extension de la BVD étant donné le parcours des 2 alpagas incriminés. Mais nous avons conscience que nous supprimons l’évènement- phare  de  notre association. Notre espoir, c’est que une telle décision, par son caractère exceptionnel, va provoquer un déclic salutaire chez tous ceux qui n’ont pas entendu nos mises en garde contre l’achat d’animaux provenant de pays fortement infestés de tuberculose bovine transmise à des élevages d’alpagas ou déjà atteints par la BVD également sur des élevages d’alpagas.

A l’avenir, désormais, nous conseillons plus que jamais de s’informer sur la situation sanitaire vis-à-vis des maladies règlementées comme la tuberculose ou la brucellose  quand on veut importer en sachant que les tests pour la brucellose et surtout la tuberculose ne sont pas assez fiables pour le moment.
Pour la BVD, quels que soient le pays ou la région du vendeur, exiger un test PCR-BVD de moins de 15 jours. Donner la préférence aux vendeurs qui feront l’effort  de tester leur troupeau comme le préconise Bernard Giudicelli dans son article.
La vie d’un éleveur, quels que soit l’espèce qu’il élève, n’est jamais un long fleuve tranquille.
A nous de prendre les précautions nécessaires si nous ne voulons pas couler nos élevages et nous avec !

 André Richard
Les Lamas des Granades
Élevage et vente de lamas de type wooly, silky en Midi-Pyrénées

Télécharger l'article d'André Richard (51,28 Ko)

La BVD (Bovine Virus Diarrhoea Disease)
Par Bernard Giudicelli

En février 2009, j’avais fait une petite présentation de la BVD lors de l’Assemblée Générale d’AFPC, suivie d’un article paru dans le journal de la même association. Cette maladie encore inconnue sur nos animaux en France avait été diagnostiquée les années précédentes aux USA, en Grande-Bretagne, et même en Espagne (sur des animaux importés de Grande-Bretagne). C’est la raison qui m’avait poussé à informer les éleveurs d’alpagas du risque à venir. Risque bien réel puisque cette année 2015 a vu le premier cas diagnostiqué sur des alpagas en France.

La BVD (“Bovine Virus Diarrhoea Disease”) est une maladie bien connue des éleveurs bovins pour les graves conséquences qu’elle entraîne sur leurs troupeaux. C’est une maladie à virus “pestivirus” , avec existence de deux génotypes (BVD1 et BVD2). On connaît plusieurs souches par type, ainsi que deux biotypes différents, l’un cytopathogène et l’autre non.

A / Les symptômes chez les bovins : ils dépendent du moment où l’animal a été en contact avec le virus.

Sur un animal en contact pour la première fois, la maladie est généralement bénigne, avec parfois un peu de diarrhée. Une immunodépression apparaît cependant parfois, entraînant des symptômes plus graves pouvant aller jusqu’à la mort.

Mais la BVD est surtout une maladie de la reproduction, et si le bovin contaminé est en gestation, les effets du virus sur le fétus dépendent du stade de gestation au moment de la contamination :

  1. Contamination avant 45 jours : il y a mortalité embryonnaire et avortement.
  2. Contamination entre 45 et 125 jours de gestation : le système immunitaire du fétus est immature, ce dernier ne “reconnaît” pas le virus comme un ennemi et ne fabrique pas d’anticorps pour l’éliminer. S’il survit à l’infection, le petit qui naîtra sera porteur - et excréteur - du virus, à vie. Il n’aura pas d’anticorps. On le nomme “IPI” (Infesté Persistant Immunotolérant). Les IPI peuvent vivre quelques années pendant lesquelles ils excrètent le virus et sont donc une source permanente de contamination. Ils sont la principale source de contamination. La recherche, suivie de l’élimination, des IPI est la meilleure façon d’éradiquer la maladie.
  3. Contamination entre 125 et 180 jours de gestation : il y a avortement ou tares congénitales.
  4. Contamination après 180 jours de gestation : le système immunitaire du fétus est mature, ce dernier fabrique des anticorps et élimine le virus. Il naît viable et protégé par ses anticorps.


Une variante : la maladie des muqueuses. Cette maladie est dûe à une surinfection d’un animal IPI par la variante cytopathogène du virus BVD. La mortalité est très rapide.

B / Les moyens de lutte chez les bovins : 

On cherchera en priorité à dépister puis éliminer les IPI (qui sont la principale source de contamination). Si ces IPI sont trop nombreux, la vaccination protégera les troupeaux le temps d’arriver à éliminer les IPI.

Les moyens de dépistage sont doubles.

 

  1. On peut rechercher le virus par PCR (Polynuclear Chaîne Réaction) sur une prise de sang.

    Un animal PCR négative est soit un animal “naïf” qui n’a jamais été en contact avec le virus, soit un animal contaminé, qui a fait des anticorps et a éliminé le virus.

    Un animal PCR positive excrète le virus. Soit il vient de se contaminer et n’a pas encore eu le temps de fabriquer des anticorps pour éliminer le virus; soit c’est un IPI. Pour départager, on refait une PCR 3 semaines après, l’IPI est toujours positif, l’autre s’est négativé (car il a eu le temps de faire des anticorps).
     
  2. On peut rechercher le passage du virus en cherchant les anticorps produits dans le sérum. On parle de sérologie.

    Un animal avec sérologie négative n’a pas d’anticorps. C’est soit un animal “naïf”, soit un animal juste contaminé qui n’a pas encore fabriqué ses anticorps, soit enfin un IPI.

    Un animal avec sérologie positive est contaminé, il a des anticorps, il est protégé à vie.


La vaccination est possible. Elle permet de faire fabriquer des anticorps mais n’élimine pas la circulation du virus.

La BVD chez les camélidés : maintenant une réalité.

A / Historique :

Avant 2004, on croyait les camélidés insensibles au pestivirus de la BVD.
En 2004, surprise ! on découvre des alpagas IPI aux USA...
En 2006, la BVD apparaît en Grande-Bretagne.
En 2008, un cas est reporté en Espagne sur des alpagas importés de Grande-Bretagne.
En 2012, une première alerte en France sur des alpagas mais les tests PCR ne confirmeront pas les premiers tests par antigénémie. Ce n’était donc pas de la BVD.
En 2015, un cas importé d’Angleterre est diagnostiqué en France. Cette fois- ci il n’y a aucun doute c’est de la BVD confirmée par PCR.

Seuls pour le moment des alpagas ont été incriminés, jamais encore de lamas. Pour le moment, seul le virus BVD1 a été trouvé.

B / Que faire ?

L’incidence est encore très faible, envisager une vaccination est une hérésie sanitaire. La meilleure façon d’agir est de “chasser l’IPI”.

Une action collective peut être envisagée. Seule une volonté “politique” des associations peut y parvenir. Plusieurs axes sont à étudier :

  1. Un système d’échange des informations renseignerait sur les cas cliniques.
  2. Des sondages sérologiques permettraient de connaître le pourcentage de troupeaux ayant des anticorps.
  3. Une interdiction des IPI sur les shows éviterait à coup sûr une contamination rapide.
  4. Une aide financière à la recherche des IPI pourrait s’envisager.

Des actions individuelles sont également possibles :

  1. On sait maintenant qu’il y a de la BVD sur les alpagas en France, on sait qu’il y en a aux USA et en Grande Bretagne. Beaucoup d’alpagas ont été  récemment importés de ce dernier pays. IL NE FAUT PAS faire venir d’IPI chez nous (on en a déjà malheureusement). Les éleveurs qui importent des alpagas de Grande Bretagne et des USA ou qui achètent en France ont une responsabilité dans la propagation de la maladie et devraient exiger des animaux avec une PCR négative.
  2. Les éleveurs ont tout intérêt à avoir un statut “indemne de BVD” qui leur garantirait de ne pas vendre d’animaux IPI. Pour obtenir ce statut, on fait une sérologie sur toutes les femelles gestantes, s’il y a des positives, on fait des PCR sur tous les jeunes nés et à naître pour éliminer les IPI. En respectant un contrôle sévère des animaux introduits, en peu de temps le statut indemne peut être obtenu.

 

C / Conclusion :

Je maintiens que la BVD est à prendre en considération chez les alpagas. Autant une prophylaxie de la brucellose ou de la tuberculose me paraît encore inadaptée à cause des mauvais tests de dépistage, autant envisager quelque chose vis-à-vis de la BVD me semble beaucoup plus d’actualité. C’est aux éleveurs et à leurs associations à prendre les décisions, et aux importateurs et acheteurs à faire très  attention.

Bernard Giudicelli
Lamas et alpagas Giudicelli
Elevage et vente de lamas et d'alpagas,
organisation de stages et formations en Rhône Alpes

Télécharger l'article de Bernard Giudicelli (59,40 Ko)
 

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