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L'alimentation des lamas et des alpagas

Les besoins des lamas et alpagas sont fonction de la taille de l’animal et de son stade physiologique. Les besoins ne seront pas les mêmes entre un jeune en pleine croissance, une femelle qui allaite, un mâle castré qui ne travaille pas et celui qui randonne.

Détermination des besoins en fonction de la taille

Détermination des besoins en fonction de la taille

En ce qui concerne la taille, on s’est aperçu que les besoins étaient proportionnels au poids de l’animal et à sa surface corporelle. Or plus un animal est petit, plus sa surface corporelle par rapport à son poids est importante. 

Un alpaga aura donc proportionnellement des besoins plus importants qu’un lama (“proportionnellement”). C’est la raison pour laquelle les calculs sont proposés non pas par rapport au poids brut de l’animal, mais par rapport à son poids métabolique qui est égal au poids en kg auquel on applique un exposant 0,75.

Détermination des besoins en fonction du stade physiologique

Détermination des besoins en fonction du stade physiologique

La maintenance :

Les animaux sont considérés en maintenance lorsqu’ils sont adultes (à partir de 3 ans) et qu’ils n’ont pas d’activité spéciale nécessitant une suralimentation. C’est par exemple le cas des mâles au pré dont les seuls besoins alimentaires leur servent à rester “en état”, sans maigrir ni grossir. Ce sont ces besoins qu’on appelle besoins de maintenance, par opposition aux autres besoins, souvent plus importants, qui sont relatés ci-après.

La croissance :

Jusqu’à 2 ans, la croissance des petits camélidés est importante, puis elle continue encore une année, mais moins marquée. Pendant cette croissance, ils fabriquent des muscles, des os, etc... Un jeune lama peut ainsi grossir de 500 g par jour. Les jeunes sont également plus actifs que leurs aînés donc dépensent plus. En tenant compte de ces paramètres, les besoins de croissance sont estimés à 2 fois les besoins de maintenance.

La gestation :

Une femelle est pratiquement en gestation pendant toute sa vie productive, puisqu’elle va être généralement resaillie peu après la mise bas. Pendant les six premiers mois de gestation, le fœtus et les annexes fétales sont très petits ; donc les besoins alimentaires des femelles pendant cette période sont identiques aux besoins de maintenance (attention toutefois si cette femelle allaite : voir besoin de lactation). Il ne faut donc pas suralimenter une telle femelle sinon elle va engraisser et cela entraînera des risques importants au moment de la mise bas. Par contre en fin de gestation, le fœtus grossit énormément de même que les enveloppes, ce qui nous fait estimer les besoins de fin de gestation à 2 fois les besoins de maintenance.

La lactation :

Une femelle nourrit son petit pendant environ six mois. Le pic de lactation, c’est-à-dire la période de plus forte production de lait se situe vers un mois. Les besoins de lactation sont variables et dépendent essentiellement des réserves corporelles de la mère. Ils varient entre 1 et 2,5 fois les besoins de maintenance.

Le travail :

C’est le cas du lama de randonnée lorsqu’il doit marcher longtemps, plusieurs jours de suite, et porter une charge de plusieurs dizaines de kilos. Cet animal a des besoins énergétiques augmentés. Ils varient en fonction de la difficulté de la randonnée. On considère qu’un lama qui fait une petite promenade le week-end n’a pas de besoins supplémentaires. Les besoins de travail varient ainsi entre 1 et 3 fois les besoins de maintenance.

Les aliments de base

Les aliments de base

Le foin et l’herbe

La microflore et microfaune du C1 (compartiment 1 de l'estomac) du lama ont un grand pouvoir de dégradation de la cellulose, ce qui lui permet une très bonne valorisation des herbages grossiers (broussaille), meilleure sans doute que celle de l'alpaga. Ce dernier demande plutôt des prairies. 

La nourriture des camélidés est essentiellement fournie par les végétaux verts ou secs (foin, grain). Ces végétaux doivent apporter les éléments nécessaires pour couvrir les besoins physiologiques des animaux. On estime qu’une ration de maintenance est égale à 1,8% du poids du corps en matière sèche (à titre de comparaison, les besoins d’une brebis sont d’environ 3% : le lama “rentabilise” beaucoup mieux sa nourriture). 

  • Un lama de 150 kg consommera 150 x 1,8% = 2,7 kg de matière sèche.
  • Le foin contient à peu près 90% de matière sèche.
  • Le lama de 150 kg consommera 2,7 x 100/90 = 3 kg de foin par jour.

Si l’on veut augmenter la ration, sachant que le lama ne pourra pas ingérer plus de foin, on lui donnera une alimentation concentrée sous forme de granulés ou de grains (orge aplatie par exemple).

Le grain ou le granulé

Quel granulé choisir ?
Il n’est pas indispensable de choisir un granulé riche en protéines (16% par exemple), ce qui compte, c’est qu’il soit appétant pour le lama ou l’alpaga. On choisira un granulé moyennement riche en protéine, 12 à 14%, et que le lama mangera avec plaisir. Un aliment hypersophistiqué qui reste dans la gamelle ne sert à rien !

Quelle quantité donner ?
Tout dépendra de la taille et de l’état de maigreur de votre animal. On peut envisager une quantité de 500 g à 1 kg par jour, mais faire très attention : introduire tout changement alimentaire très progressivement, et ne pas donner trop de granulés à un jeune. Pensez également qu’en période de grosses chaleurs, il convient de ne pas trop donner de granulé ou grain (apport énergétique donc de chaleur et le grand risque est alors le “stress de chaleur”). On le lui donnera de préférence le soir. A l’inverse, en hiver, en période de grand froid, un animal aura peut-être plus besoin de granulé.

La supplémentation

La supplémentation

Comment donner le grain ou le granulé ? Quand vous distribuez le complément, pensez que les autres animaux du troupeau seront très intéressés également. Si vous posez le complément par terre, dans un seau, comment être sûr que c’est bien l’animal que vous voulez compléter qui aura sa ration? Il y a de fortes chances que ce sera le plus fort, le plus grand, celui qui n’en aura pas besoin, qui va tout manger (c’est peut-être sans doute déjà une des causes d’amaigrissement de celui que vous vouliez compléter). 

Une solution : prenez celui que vous voulez compléter au licol et à la longe, sortez-le de l’enclos où sont les autres, et donnez-lui son supplément lorsqu’il est isolé. Vous pourrez ainsi seulement évaluer s’il a bien - ou non - mangé son supplément. Il y a plusieurs animaux à compléter ? Autant de lamas, autant de cuvettes, éloignées les unes des autres, pour éviter les disputes, ou que l’un n’aille chiper la nourriture de l’autre (risques de crachats). 

Pensez qu’un seau trop profond est inconfortable pour un petit camélidé : il n’aimera pas plonger sa tête dans un seau étroit, où les oreilles seront malmenées (sujet sensible pour un lama ou un alpaga !) : il laissera le granulé faute de ne pouvoir l’atteindre. 

Votre lama est trop glouton, mange trop vite, s’étrangle ? Choisissez une grande cuvette, bien large, plate, où le grain sera éparpillé et ne se présentera plus en couche trop épaisse.

Ne jamais laisser traîner un seau de grain ou granulé dans le corral, la pâture ou les abris. Cela peut présenter un très grand danger pour l’animal qui le découvre et le vide...

 

Texte par Bernard et Christiane Giudicelli,
extrait de leur livre "Lamas et Alpagas, les connaître, les élever", 
mise à jour par Christiane Giudicelli
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