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Le stress de chaleur chez les lamas

Les lamas sont originaires des Andes. Ce sont des animaux capables de supporter des conditions climatiques assez difficiles de l'Altiplano, souvent aux alentours des 4000m d'altitude, mais ils ne sont pas adaptés à des périodes prolongées de fortes chaleurs comme il en existe en Europe.

Cela explique peut-être pourquoi un des problèmes sanitaires les plus graves chez les lamas est le stress de chaleur.    

Signes de la maladie

Ce syndrome peut prendre une forme insidieuse, affectant les performances ou la croissance des animaux, mais aussi une forme grave pouvant rapidement évoluer vers la mort de l'animal.

La forme insidieuse peut entraîner chez les mâles, par une atteinte de la spermatogenèse, une baisse de la fertilité. Chez les femelles, peuvent survenir des résorptions embryonnaires, des avortements ou des crias prématurés, faibles, ou atteints d'anomalies congénitales. La production de colostrum et de lait peut être affectée.  

La forme grave, dans ses tous débuts, peut elle aussi, être très difficile à détecter. Il n'y a pas de réelle connaissance de ses propres animaux sans un temps d'observation suffisant. C'est ce qui va permettre de s'apercevoir que l'un de nos lamas est plus nonchalant qu'à l'habitude, qu'il va se coucher un peu plus souvent que les autres, qu'il mange moins.

Si on a laissé passer, malheureusement, ces premiers signes du stress de chaleur, il faudra ne pas rater les suivants qui sont une nonchalance qui s'accentue, l'animal ne mange plus, se couche près des points d'eau.

La respiration s'accélère plus ou moins ainsi que la fréquence cardiaque, la température rectale atteint ou dépasse 40°CLa lèvre inférieure du lama est pendante laissant échapper un filet de salive (faire la différence avec le même signe observé après une dispute avec un autre lama). Chez un lama mâle, on pourra observer un gonflement net des bourses testiculaires.

L'animal est de plus en plus faible, il peut déféquer tout en restant couché. Le déplacement est de plus en plus difficile, désordonné, avec parfois, des tremblements. Puis l'animal reste constamment couché, dans une attitude dépressive, sans pouvoir se tenir debout.

Si la température atteint ou dépasse 42°C on peut avoir des convulsions.

Sans intervention, c'est la mort qui va survenir rapidement.  

Traitement

Il sera en rapport avec l'intensité des signes observés. Tout d'abord l'urgence est de refroidir le lama.

S’il est possible de réaliser une tonte d'urgence de façon expéditive sans stresser davantage l'animal, c'est la première mesure.

La deuxième, c'est d'arroser le lama au tuyau d'arrosage sur tout le corps jusqu'à faire chuter la température. Si une tonte n'a pu être réalisée, il vaut mieux limiter l'arrosage au-dessous du corps de l'animal, ventre, intérieur des cuisses et des antérieurs car il peut y avoir un risque de compacter une laine abondante en un épais matelas qui ne permettrait pas à la peau d'être suffisamment rafraîchie.

Abreuver l'animal est important pour compenser la déshydratation, mais si le lama est trop fatigué, il n'a pas la force de boire. Le vétérinaire doit prendre le relais des soins à ce moment-là après les premières mesures pour refroidir l'animal prises par le propriétaire en attendant l'arrivée du praticien.

Le vétérinaire pourra alors procéder à une ré-hydratation par voie intraveineuse. Des anti-inflammatoire, stéroïdien pour les mâles et les femelles non-gestantes ou bien non-stéroïdiens pour les femelles gestantes, pourront êtres administrés, ainsi que des vitamines en particulier B1, vitamine E. Une couverture antibiotique peut être utile pour prévenir une éventuelle pneumonie ou tout autre infection opportuniste sur cet animal à l'immunité déprimée.

Prévention

Prévention

Tonte : C'est la meilleure mesure de prévention. De préférence complète, car véritablement plus efficace. Si pas possible (vente, show) on peut réaliser des tontes partielles qui seront des pis-aller. Brosser les lamas pour éviter le feutrage est le service minimum pour un propriétaire soucieux de la santé de son animal.

 

Ombrage : L'ombre des arbres sous lesquels circule l'air est excellente. Les abris conviennent bien à condition d'être spacieux (haut plafond) et suffisamment aéré. Mal conçus, mal orientés, ils peuvent se transformer en piège mortel par un effet de"four".
 

Eau : La consommation d'eau augmente par temps chaud. Veiller à ce que les lamas puissent tous accéder librement et à volonté à une eau propre dans un bac placé à l'ombre.

 

Nutrition : Éviter l'excès de protéines ou insuffisance de fibres, ce qui entraîne des digestions produisant plus de chaleurs. L'obésité est un facteur de risque important.

Conduite du troupeau

On programmera la reproduction de telle sorte que les saillies, les naissances, le sevrage se déroulent en dehors de la période la plus chaude de l'année. En effet, les jeunes et les femelles en gestation avancée sont les plus sensibles.

Faire naître au printemps, c'est respecter ce que sont ces animaux, c’est-à-dire des herbivores qui suivent naturellement les mêmes cycles que celui de l'herbe. Avec une durée de gestation proche d'un an et un sevrage au bout de 6 mois, on aura ainsi des saillies et naissances qui reviendront à la même période printanière de l'année et des sevrages 6 mois plus tard à l'automne.

De même on programmera les interventions comme les vaccinations, vermifugations… en-dehors des périodes chaudes. On évitera les manipulations des animaux par forte chaleur.

L'état d'embonpoint des lamas sera contrôlé par palpation de la région lombaire, du garrot, du poitrail, aussi par l'observation  du profil de l'intérieur des cuisses.

La tonte sera pratiquée avant qu'il ne soit trop tard. 

On veillera à éviter que les mâles ne se retrouvent en situation d'affrontement générateur d'intense "surchauffe".

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